Calais

Nécropolitique est une théorie développée par le philosophe Achille Mbembe selon laquelle les pays occidentaux privilégient désormais la mort aux comme réponse à la réalité migratoire. Ce projet photographique est une collaboration avec un sociologue et des acteurs de terrain qui fait état des conséquences de ces politiques à la frontière franco-anglaise : 490 morts sur les 25 dernières années. Les relations entre le paysage, les politiques de répression et les personnes en exil sont approchées par thématiques. La première partie prend la forme d’un répertoire de l’arsenal répressif : grilles et barbelés, terrassement et inondations, enrochements, dispositifs de surveillance ; la deuxième explore de la matérialité de l’exil sur les lieux de vie après les évictions ou après les tentatives de traversées ; une troisième analyse les relations entre les personnes en exil et les habitants de Calais : solidarités, conflits et adaptations.

Ce projet est une tentative de mettre en lumière une réalité qui se fait oublier depuis l’éviction de la Grande Jungle de Calais en 2017 et invite à nous questionner sur ce qu’il reste des valeurs dont notre civilisation se revendique dans un contexte où le populisme sécuritaire a emporté la bataille idéologique. La collaboration avec Toukan, Jade Lamalchi ainsi que d’autres acteurs qui travaillent sur le terrain depuis plusieurs années permettra d’aller au-delà de de l’aspect matériel et d’analyser des dynamiques de fond. Nous examinerons les coûts et l’efficacité de ces mesures de répression comparés à ceux des politiques d’accueil, et ce que ces choix disent de nous.

Avec la calligraphe et illustratrice Cécile Huang, nous avons réalisé une campagne d’appel aux dons pour soutenir la Maison d’Entraide et de Ressources à Calais, un lieu autogéré qui réunit une dizaine d’associations.