Située en Patagonie, la formation de Vaca Muerta contient les deuxièmes réserves mondiales de gaz de schiste et les quatrièmes réserves mondiales de pétrole de schiste. Découverte en 2011, seuls environ 5 % de ces réserves ont été exploités à ce jour (1) mais elle engendre déjà des conséquences sociales et environnementales irréversibles sur le mode de vie des communautés autochtones du peuple Mapuche.
Chez les peuples natifs de Patagonie, la terre, le Wallmapu, n’a pas qu’une dimension matérielle, est aussi une entité spirituelle. Les puits, routes, gazoducs, bassins de déchets et le trafic de camions fragmentent et occupent des terres dont certaines ont une valeur sacrée. La contamination des sols et de l’eau, les déversements, les déchets toxiques mal gérés et les problèmes de santé (respiratoires, cutanés, cancers) impactent les populations locales et la très grande quantité d’eau nécessaires à la fracturation hydraulique dans une région semi-aride menace l’élevage du bétail dont ils dépendent.
Cette exploitation profite d’un flou juridique parce qu’elle se fait sur des terres dont beaucoup n’ont pas été officiellement titrées. En 2006, un relevé des populations et un gel des expulsions ont été entamés mais le relevé n’a jamais été achevé. En 2021, encore 57% des communautés n’avaient pas obtenu de titres officiels de propriété alors que l’exploitation du gaz de schiste progressait. En 2024, le gouvernement Milei ré-autorise les expulsions (2).